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(Flora)
"A Paris, vous
avez un restaurant tous les 50 mètres, il faut affirmer
son identité"
Flora Mikula a grandi
à Avignon, fait son apprentissage chez de grands chefs français
et tient aujourd'hui le restaurant Flora, situé à
deux pas des Champs-Elysées. Retour avec elle sur un parcours culinaire
exceptionnel, qui sent bon la Provence. (Août 2004)
D'où vous vient la passion de la
cuisine provençale ?
Flora Mikula J'ai grandi à Avignon et ma grand-mère
et ma mère étaient de très bonnes cuisinières.
Dans mon quartier, on organisait souvent de grands repas avec les voisins,
de grands barbecues l'été. Il y avait des Italiens, des
Corses, des pieds-noirs... c'était donc une cuisine du Sud. J'ai
perdu ma mère jeune, c'est moi qui préparais à manger
pour mon père. Et puis, comme j'étais assez moyenne à
l'école, j'ai décidé de suivre des copains qui faisaient
l'école hôtelière à Avignon.
Comment s'est passé votre apprentissage ?
A 16 ans, j'ai eu la chance de ne pas faire mon stage à la pizzeria
du coin, mais dans le restaurant gastronomique de Christian Etienne à
Avignon. Ensuite, à 18 ans, comme il était difficile pour
une fille de s'imposer en cuisine, je suis partie à Londres, et
j'ai travaillé 2 ans auprès de grands chefs français.
Bref, dès le début, j'ai mis le pied chez les "étoilés".
De retour en France, j'ai pu par relation travailler auprès d'autres
grands chefs, Jean-Pierre Vigato et Alain Passard. J'ai aussi beaucoup
voyagé, j'ai travaillé 1 ans à Saint-Barth aux Antilles,
entrainée par une histoire d'amour, et 2 ans à New-York
auprès de grands chefs français qui sont aujourd'hui au
top et possèdent chacun une dizaine de restaurants.
Quand avez-vous cessez de voyager et ouvert
votre premier restaurant ?
Lorsque j'ai perdu mon père, j'ai hérité et cela
m'a permis d'ouvrir mon premier restaurant, Les Olivades, à
Paris. C'était un petit restaurant provençal, ça
a été une super aventure qui a duré 6 ans, de 1996
à 2002. Et puis j'ai eu envie de revenir à la gastronomie,
à la cuisine plus élaborée, aux produits plus nobles.
J'ai alors ouvert Flora.
Votre cuisine a t-elle changé ?
C'est toujours une cuisine à tendance méditerranéenne,
mais, si elle était plus centrée sur la Provence au Olivades, elle
s’est élargie au Flora. Nous touchons maintenant deux clientèles
: on peut manger au menu pour 26 € et à la carte pour
200 €. Dans le premier cas on propose de la sardine, du thon,
de la rascasse... et dans le second du homard, du turbot, du saint-pierre...
Quelles sont les attentes de vos clients ?
Les gens viennent chez nous pour la cuisine méditerranéenne
bien sûr, mais aussi pour le restaurant "soft", reposant.
Nous sommes dans un beau quartier, il faut un certain standing.

La décoration du restaurant, c'est
important pour vous ?
Bien sûr, aujourd'hui à Paris, vous avez un restaurant tous
les 50 mètres, il faut donc affirmer son identité avec une
jolie présentation. Moi j'ai voulu une décoration "cocotte",
avec beaucoup de fleurs, des tapisseries, un mélange d'ancien et
de moderne... Mais il n'y a pas que la décoration, aujourd'hui
tout est important : la salle, la politesse, la gentillesse, la cuisine...
Vous avez participé au dernier
Fooding à Paris, vous aimez ce genre de manifestation ?
J'adore l'idée de faire connaître des chefs qui viennent
aussi bien des palaces que des bistrots. Les gens mangent pour 10 €
tous ensemble dehors, c'est convivial, simple, très bobo, certains
viennent en famille... Les gens ont envie de découvrir une nouvelle
cuisine et de passer un bon moment. Il y a beaucoup de stands de légumes
et de viandes. Je pense qu'il faudrait élargir, par exemple avec
des stands sur la charcuterie du Sud-Ouest, sur la cuisine étrangère,
etc.
Quelle est votre recette préférée ?
Ca change tout le temps. En ce moment, j'aime bien la cuisine thaïlandaise
qui est très proche de la cuisine du sud : elle comprend 4/5
variétés d'aubergines, des courgettes, des herbes... Elle
est sautée et n'utilise pas de crème. C'est aussi une cuisine
épicée, très relevée. Par exemple j'aime bien
les chipirons poêlés avec des petits légumes thaï,
de la citronnelle, du citron confit et des tomates.
Quel est votre restaurant préféré
?
Il y en a beaucoup... J'aime bien l'AOC, rue des Fossés Saint-Bernard,
dans le 5ème. C'est un bistrot avec un rôtissoire tenu par
un copain d'enfance. On y mange de très bons poulets fermiers,
cochons de lait, os à moelle... Sinon, bien sûr, j'aime aller
chez les 3 étoiles, Passard, Ducasse...
Quels sont vos projets ?
Pour l'instant le restaurant marche à fond. Le début a été
difficile à cause de la guerre en Irak, nous sommes dans un quartier
où il y a normalement beaucoup d'Américains. Mais ça
repart. Je vis au jour le jour, pour l'instant je me consacre au Flora
et à mon petit garçon qui a 4 ans.
Propos
recueillis par Emilie Godineau
Retaurant
Flora :
36 avenue George-V, 75 008 Paris
Tél : 01 40 70 10 49
Fermé le samedi midi et le dimanche.
Le Fooding :
www.le-fooding.com
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