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(Maison
Cordier)
"Mon
travail : obtenir par assemblage des vins de qualité"
Oenologue, nouvelle directrice
technique de la maison Cordier dans le bordelais, Paz Espejo nous parle
de sa passion et de son quotidien dans le monde "masculin" de
la vigne et des vins. (Décembre 2003)
Quel a été votre parcours avant de devenir
nologue ?
Paz Espejo J'ai d'abord fait des études de biologie à Madrid, ma
ville natale. Puis, à 26 ans, je suis venue à Bordeaux pour suivre des
cours d'nologie. Cela c'est fait un peu par hasard, parce qu'un ami m'en
avait parlé. J'ai découvert que ce métier, basé sur la transformation
du raisin en vin, était en accord avec ma personnalité : proche de la
nature, avec quelque chose de créatif, d'artistique
J'ai d'abord travaillé
comme "flying wine maker" en Espagne et en Italie pour une société faisant
du vin pour la grande distribution anglaise. Puis, en 1997, je suis devenue
directrice technique de la maison de négoce Calvet. Depuis un mois maintenant,
j'ai intégré la maison Cordier.
Vous voyagez donc moins qu'avant
Non, au contraire. La maison Cordier est bien implantée dans l'export
: au Japon, dans les pays scandinaves, en Belgique, aux Etats-Unis, au
Canada
Je voyage beaucoup dans les différents marchés pour communiquer
sur les vins : j'appuie les commerciaux, j'aide à la dégustation, j'explique
l'esprit de la maison.
Vous êtes née à Madrid. Qu'est-ce que
cela fait de quitter une grande ville très animée pour le terroir bordelais ?
Au début, ça fait bizarre. Le climat n'est pas pareil, les gens non plus.
Et puis, Bordeaux il y a une dizaine d'année était une ville assez tristounette.
Je rentrais donc assez souvent chez moi. Mais, quand on est passionné
par le Bordeaux, on ne peut qu'aimer cette ville. Ici, je suis en contact
avec la nature et les viticulteurs. Je trouve maintenant que c'est une
ville très agréable à habiter : c'est près de la mer, près de la montagne,
et près de l'Espagne aussi.
Et en Espagne, comment se porte la production
de vin ?
L'Espagne est un pays avec un énorme potentiel, on y produit des vins
mûrs et très fruités. Il y a beaucoup de grands terroirs : la Mancha,
la Rioja, la Ribera del Duero
Et une grande diversité de cépages, dont
certains sont autochtones, c'est-à-dire qu'on ne trouve nul par ailleurs.
En quoi consiste votre travail exactement
?
Les Bordeaux sont des vins d'assemblage, qui comprennent plusieurs cépages
: cabernet sauvignon, cabernet franc, merlot... Mon travail consiste à
créer des produits, les vinifier (transformer les raisins en vins), les
assembler, veiller à obtenir un vin toujours de qualité élevée.
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Paz Espejo
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Est-ce difficile de travailler dans le
monde du vin, plutôt masculin ?
Oui et non. C'est vrai qu'au début il faut faire ses preuves. Mais
une fois que vous avez démontré vos capacités, que vous avez établit votre
crédibilité, vous êtes très respectée. Avec les hommes, il faut savoir
s'imposer gentiment mais avec fermeté. Je ne peux pas me plaindre. C'est-
vrai que dans ce métier, au début, quand on est une femme, c'est plus
dur. Mais justement, comme il y a peu de femmes, les gens sont en général
content de vous voir.
Vos conseils pour tester
un vin
D'abord le sentir. Plus un vin est intense, riche en arômes (fruité, épicé
),
plus c'est un vin de qualité. Les vins français sont ainsi complexes,
élégants, difficiles à appréhender. En bouche, le vin doit avant tout
apporter du plaisir, rappeler quelque chose de bon. Il doit être aussi
complexe en bouche qu'au nez. Il doit être long en bouche. Pour la couleur,
tout dépend des vins. Mais en général, un rouge intense avec des reflets
rubis violacés, reste un vin jeune. Pour les blancs secs, un vin jaune
pâle est un vin qui n'est pas passé en fût, à la différence d'un vin jaune
à reflet doré.
Quels sont vos vins préférés ?
Il y en a beaucoup. J'aime les vins de Loire à base de sauvignon : le
Pouilly, le Sancerre ; dans la vallée du Rhône : le cépage Syrah, l'appellation
Saint-Joseph, le Crozes-Hermitage ; dans les Bordeaux : le Saint-Julien,
le Pessac-Léognan
Vos conseils pour les jeunes femmes
qui voudraient percer dans ce métier
Se laisser porter par son intuition et être passionnée. Même si la marché
est difficile, c'est un métier intéressant et gratifiant. En contact avec
la nature et les hommes, on apprend tous les jours.
Propos
recueillis par Emilie Godineau
En
savoir plus : le site de la Maison Cordier
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