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Pâtissier
"Le
secret d'une bonne pâtisserie : ce sont des produits bons, frais et des
doses minutieusement respectées"
Christophe Felder, qui
vient de quitter l'Hôtel de Crillon, où il a été
pendant 15 ans chef pâtissier, sort son cinquième livre "Mes
100 recettes de gâteaux". Rencontre. (Mai 2004)
Comment vous est venue la passion de la
pâtisserie ?
Christophe Felder Je baigne dedans depuis que je suis tout petit.
Mon père est boulanger à Schirmeck, en Alsace. Petit, je parlais souvent
avec le pâtissier, plus qu'avec mes parents qui n'avaient pas le temps.
Pour moi, la pâtisserie ça n'a jamais été synonyme de travail. J'aime
faire des gâteaux en y ajoutant ma touche personnelle, tout en restant
simple.
Comment s'est passé votre apprentissage
?
J'ai fait trois ans d'apprentissage à Strasbourg, où j'ai appris les bases.
Puis j'ai travaillé chez Oberweis au Luxembourg, chez Guy Savoy à Paris
et je suis devenu chef pâtissier de l'Hôtel de Crillon. C'est là que j'ai
vraiment appris le métier, que j'ai pu exprimer ma créativité.
J'y suis resté 15 ans, j'en suis parti en janvier. J'ai lancé ma
propre structure et je fais maintenant des créations de recettes pour
des sociétés de pâtisseries implantées au Japon, en Chine…
"Mes 100 recettes de gâteaux"
est la suite logique de vos quatre précédents livres ?
Oui, après les pâtisseries pour les fêtes, les clafoutis, les gratins
et le chocolat, j'ai fait un livre sur les gâteaux. J'y ai mis mes meilleures
recettes de gâteaux, celles que je fais depuis des années, et je les ai
classées par catégories : "Mes gâteaux tout simple", "Mes gâteaux des grands
jours", "Mes gâteaux du monde"…
Quel est pour vous le secret d'une bonne
pâtisserie ?
La fraîcheur… Pour faire une bonne pâtisserie, c'est simple, il faut des
produits bons et frais, il ne faut hésiter à y mettre le prix. C'est aussi
une question de bon dosage : par exemple quand on fait un gâteau poire/noisette,
il faut bien peser, doser les ingrédients. La pâtisserie fait autant
appel au côté créatif qu'au côté technique.
Quelle est votre pâtisserie préférée ?
C'est difficile… J'ai 200 pâtisseries préférées… Peut-être un feuilleté
à la mirabelle en saison, avec une pincée de thym ou de la vanille.
Créez-vous souvent de nouvelles pâtisseries
?
Je crée suivant mes envies. Pour cet été, j'ai créé la gamme "Parfums de
vacances". Il y a par exemple le gâteau "Pareo", au litchi/pamplemousse,
avec un biscuit à la pistache et dedans une gelée de groseille. Ou encore
le gâteau "Bikini", une crème légère au fromage blanc et au citron avec
un palet mangue/abricot et un biscuit au lait d'amande.
Comment pensez-vous que va évoluer la
pâtisserie ?
Je pense que cela va se diviser entre les artisans faisant des pâtisseries
de très bonne qualité et les sociétés faisant des pâtisseries industrielles,
et que ceux qui sont entre les deux vont avoir du mal à se maintenir.
Faire de la bonne pâtisserie demande du temps et de l'argent car les bons
produits coûtent cher. Il faut aussi savoir se démarquer pour se faire
une place.
Maintenant que vous avez quitté le Crillon,
quels sont vos projets ?
J'avance doucement mais sûrement. Je viens de terminer mon sixième livre
sur les glaces et les sorbets. Je vais ouvrir un café-pâtisserie, mais
je ne sais pas encore si ce sera à Paris ou en province. J'ai vu
mes parents tenir pendant près de 40 ans un commerce et je sais que cela
demande beaucoup d'énergie.
Propos
recueillis par Emilie Godineau
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