Vendanges : vers une main d'œuvre robotisée ?

Un ingénieur français vient de mettre au point un robot capable de retenir les caractéristiques de chaque pied de vigne et d'assurer aux viticulteurs une vinification de qualité. Une concurrence sérieuse pour main d'œuvre dans les vignobles ?

Vendanges : vers une main d'œuvre robotisée ?
© AFP

Il s'appelle Wall-ye, est haut comme trois pommes et s'occupe des pieds de vigne comme personne. Ce robot n'est pour l'instant qu'au stade de prototype, mais a déjà suscité l'intérêt du très célèbre Château Mouton-Rothschild. Sa mission ? Prendre soin des vignobles aussi bien qu'un être humain. Pour ce faire, le robot viticulteur a été équipé de tout un arsenal de caméras et d'une importante mémoire, lui permettant de reconnaître et de s'occuper de chaque pied de vigne composant le vignoble. Le tout sans effort, sans pollution et sans s'épuiser à la tâche. Son inventeur, Christophe MiIllot, en explique le fonctionnement : "Ce robot complètement autonome doit-être capable de se rendre par lui-même sur une parcelle et après naviguer entre les rangs de la parcelle. Il a à l'intérieur de lui-même pour cela des caméras. Il est équipé de caméras en haut, en bas pour voir s'il n'y a personne devant lui ou voir s'il est bien aligné dans le rang. Et après des caméras au niveau de ses bras pour pouvoir pointer juste sur le pied de vigne en question."

Un bijou de technologie
inventeurs
L'inventeur et le concepteur de Wall-ye. © AFP

Ce petit bijou de technologie a été créé en réponse à un manque chronique de personnel, dont s'est plaint un vigneron au père de Wall-ye. Christophe Millot s'est associé avec l'ingénieur français Guy Julien pour monter sur roue un robot sauveur. "Le projet m'a réellement séduit et j'ai dit "écoute banco on y va", de souvient le scientifique. [...] On en a grillé des moteurs, on en a abîmé des choses. Et on arrive maintenant à un produit qui est franchement pas mal." Le duo a fait le choix de l'énergie solaire et a équipé Wall-ye de panneaux photovoltaïques.  

Une "très chère" main d'oeuvre

Le robot est destiné à remplacer l'homme dans les tâches répétitives, telles l'élagage des pieds de vignes ou bien l'éclaircissement des ceps. L'invention de Christophe Millot va faire des petits dans les prochains mois. Les viticulteurs devront néanmoins dépenser la coquette somme de 25000€ pour que Wall-Ye foule le sol de leur vignoble. Une main d'œuvre certes utile, mais qui reste bien chère pour les petits viticulteurs. Ce robot est pour le moment unique en son genre dans l'Hexagone, mais des projets similaires sont en phase d'élaboration en Californie et en Nouvelle-Zélande.