Un café philippin vendu 400 euros le kilo

Aux Philippines, les grains de café non-digérés issus des excréments de civettes se vendent plusieurs centaines d'euros le kilo. Ces grains produisent un café aux arômes de caramel et chocolat incomparables... parait-il.

Un café philippin vendu 400 euros le kilo
© AFP

 Ramasser les déjections animales : une contrainte pour beaucoup, une aubaine pour certains Philippins. A Bantagas, au centre de l'archipel, des randonneurs s'adonnent à une chasse au trésor bien particulière. Les yeux rivés sur le sol, ils recherchent les grains de café enfouis dans les excréments des civettes. Ces animaux sauvages, à mi-chemin entre le chat et la belette, sont friands des cerises issues des caféiers de la région, mais n'en digèrent pas les grains. Ces derniers perdent toute leur amertume grâce aux enzymes présentent dans le tube digestif des civettes.

Un business récent

Les Philippins consomment ce café unique au monde depuis plusieurs siècles. Mais ils ont pris conscience que récemment de sa valeur marchande. Les grains, nettoyés, séchés puis torréfiés, se vendent à plus de 400 € le kilo, soit trente fois plus cher qu'un café ordinaire.
Les consommateurs apprécient sa douceur et son arôme oscillant entre le caramel et le chocolat. A Manille, une tasse de ce café est vendue 5€. La manne a très vite attiré les convoitises. Aujourd'hui, 80% du café de civettes est issu d'animaux vivant en captivité. Les grains sont exportés en Corée du Sud, à Taïwan et aux Etats-Unis notamment.

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Les élevages de civettes se multiplient aux Philippines. © AFP