Le chocolatier Patrick Roger à la rescousse des amandes françaises

Le maître chocolatier Patrick Roger a racheté 32 hectares de verger dans l'Aude et les Pyrénées-Orientales. Le geste d'un gourmet engagé.

Patrick Roger chocolatier production amande
© Tim UR

S.O.S, amandes en danger. Faute d'attention et de maîtrise technique, les cinq variétés d'amandes françaises pourraient bien disparaître. Face à ce constat, Patrick Roger, meilleur ouvrier de France, a décidé de ne pas rester les bras croisés. Bien au contraire. En mai dernier, il rachète 22 hectares de vergers. Et le maître chocolatier n'en est pas à son coup d'essai puisqu'en 2011, il avait déjà fait l'acquisition de 10 hectares de terrains. De sa passion pour les bons produits, il a fait un acte militant : "Qui va mettre 500 000 euros pour acheter des amandiers alors qu'avec cette somme là, je peux avoir de la pâte d'amande pendant 10 ans ? Mais si demain on veut continuer à sublimer, il faut s'engager."

Les amandes tricolores, produits d'exception. Alors que sont consommées chaque année en France entre 20 et 25 000 tonnes d'amandes décortiquées, la production hexagonale ne s'élèverait qu'à 700 tonnes. Le marché de l'amende française cumule les handicaps : peu d'exploitations spécialisées, des départs en retraite non remplacés et une filière qui peine à évoluer techniquement. Pourtant, les qualités gustatives du fruit français supplantent largement ses concurrents américains selon le maître chocolatier : "Elles sont plus claires et plus croquantes que les californiennes qui ont un goût de carton."

Une conjoncture favorable à l'amande française. La récente sécheresse en Californie et l'augmentation de la consommation mondiale pourraient bien tourner en faveur de l'amande française. A neuf euros le kilo en moyenne, son prix se rapproche des prix des amandes étrangères qui tournent autour des 6,80 €. Alors cet été, en plus du potager, on plante un verger, ou du moins, un amandier !

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Une poignée d'amandes, le trésor de Patrick Roger. © Tim UR