Overdose de kebabs en Turquie

En Turquie, un tiers de la population serait obèse selon le ministère turc de la santé. Le gouvernement lance une campagne de sensibilisation cet été.

La Turquie frappée par l'obésité
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Les kebabs, oui, mais avec modération. Au pays des loukoums, une personne sur trois souffrirait d'obésité, selon les chiffres dévoilés par le ministère turc de la santé. Le boom économique que connaît le pays depuis 10 ans a fortement influencé les modes de consommation de ses habitants. Ces derniers se tournent plus facilement vers la restauration rapide. "D'une manière générale, la multiplication des fast-foods, l'augmentation de la charge de travail et les limites de temps qui pèsent sur la vie des gens ont abouti à une sorte de négligence des habitudes alimentaires, analyse Feyza Bayraktar, psychologue spécialiste des troubles de l'alimentation. Cela a entrainé des problèmes de surpoids, et l'obésité est devenue un enjeu."

Maladie d'Etat
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L'obésité, maladie des pays développées ? © AFP

En conséquence, le nombre de Turcs ayant recours à des opérations chirugicales pour perdre du poids est en forte augmentation. L'obésité, reconnue maladie par l'OMS depuis 1997, entraîne notamment des problèmes d'hypertension et de diabète. "Perdre du poids est LE moyen d'atténuer ces maladies, insiste le docteur Halil Coskun, chirurgien, ou même de les faire totalement disparaître. Et la méthode la plus efficace, peut-être pas la plus confortable, pour réaliser cette perte de poids, c'est la chirurgie."

Sur le billard

Gülsah Bülbül, 147 kilos sur la balance, a subit une gastrectomie partielle. Cette ablation des deux tiers de son estomac était pour elle la seule manière de perdre rapidement du poids. "Je n'avais pas de maladies, c'était plutôt une pression psychologique, justifie la patiente. Par exemple, quand j'allais dans un centre commercial, les vendeurs me disaient : "ce n'est pas la peine de rentrer, il n'y a rien pour vous ici"... Comme je suis encore jeune, je n'ai pas de problèmes physiques pour l'instant. Mais plus tard, c'est sûr que j'en aurais eus."
Pour sensibilliser sa population à cette nouvelle problématique sanitaire, le gouvernement turc lance cet été une campagne de prévention.