Philippe Etchebest, "A la maison, c'est ma femme qui cuisine !"

Connu pour son franc-parler et son rôle de chef impulsif dans l'émission "Cauchemar en cuisine" sur M6, l'ancien rugbyman et chef étoilé Philippe Etchebest est en réalité, un dur au cœur tendre, passionné des fourneaux. Après avoir passé 10 ans dans les cuisines de l'Hostellerie de Plaisance à Saint-Emilion où il a obtenu deux étoiles Michelin, le chef a décidé de se consacrer fin 2013, à "d'autres projets personnels". Rencontre.

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Philippe Etchebest en cuisine © Akitania

Comment passe-t-on du rugby à la cuisine ?

En réalité, j'ai fait les deux en même temps. Mes parents étaient restaurateurs donc j'ai baigné dans ce milieu dès le plus jeune âge. En fin de 3e, j'ai hésité entre sports études et l'école hôtelière. J'ai choisi la deuxième option, peut-être par facilité, mais j'ai eu la chance de continuer à jouer au rugby et notamment à haut niveau avec le Bordeaux-Bègles.

Compte tenu de votre parcours, avez-vous eu des difficultés pour vous faire respecter en cuisine ?

Vous trouvez que j'ai du mal à m'imposer ? (rires) En fait, j'avais une légitimité puisque j'avais fait des études et j'exerçais. Le rugby, c'était un loisir, une manière de m'échapper de ce milieu. D'ailleurs, je continue le sport car j'ai besoin de cet équilibre pour me vider la tête. Je ne pense pas et ne dors pas cuisine. J'aime mon métier mais j'aime aussi faire autre chose à côté.

Est-ce que vous cuisinez à la maison ?

A la maison, c'est mon épouse qui s'en charge. Il arrive que je m'occupe des repas lorsqu'on reçoit le week-end, mais au quotidien, non. Le peu de temps qu'il me reste dans la journée, je le consacre à mon fils de 9 ans. Je vais le chercher à l'école, lui fait faire ses devoirs et joue beaucoup avec lui...

Comment a débuté l'aventure "Cauchemar en cuisine" ?

A vrai dire, c'est ma femme qui m'a poussé à y participer. J'ai passé les castings en donnant mes conditions : je ne joue pas de rôle, on ne triche pas sur les images et on raconte la vérité. Je pense que le succès de l'émission repose sur cette authenticité-là, sur le fait que tout est vrai.

On se demande parfois si ce n'est pas surjoué...

J'ai besoin que les restaurateurs ouvrent les yeux et comprennent rapidement ce qui cloche. Il m'arrive donc d'être un peu rentre-dedans, mais j'y suis obligé pour faire avancer les choses. Même si ce n'est pas ce que je préfère, il faut détruire pour mieux reconstruire. Si je rentre dans une cuisine où des rats courent sur le sol et où des produits avariés se trouvent dans les frigos, ça m'insupporte tellement que je le dis. Je suis quelqu'un d'impulsif.

Gardez-vous contact avec certains restaurateurs que vous avez aidé ?

Je parle régulièrement avec Kévin, du restaurant L'Ovalie de Moissac. Les restaurateurs sont suivis pendant un an après mon passage, je me tiens donc informé de ce qu'il se passe à travers ces experts et la production de l'émission.

Quel est votre plat préféré ?

Je suis un gourmand des bonnes choses et de la vie. Je savoure tout avec beaucoup d'enthousiasme.

Êtes-vous plutôt sucré ou plutôt salé ?

Les deux, mais je termine toujours un repas par un dessert. Un très bon Saint-Honoré, un bon millefeuille ou une bonne tarte tatin...

Si vous étiez une femme, qui seriez-vous ?

Je serai Aung San Suu Kyi car elle force l'admiration. Je la respecte beaucoup pour sa force, sa détermination, son engagement et tout ce qu'elle représente.