En Birmanie, la gastronomie a le vent aux poupes

Depuis l'ouverture du pays, les touristes sont de retour en Birmanie. Pour répondre à la clientèle étrangère, une école de cuisine tenue par un chef français forme gratuitement de jeunes talents. Le plus difficile : s'adapter aux habitudes alimentaires occidentales...

En Birmanie, la gastronomie surfe sur l'ouverture politique
© AFP

Manger de la viande de bœuf saignante : une évidence pour nous autres occidentaux, une bizarrerie en Birmanie. C'est à ce genre de préférences alimentaires que le jeune chef français François Stoupan initie ses apprentis. Depuis l'ouverture politique de la Birmanie, le restaurant "Shwe Sa Bwe" ("Table d'Or") dans lequel le chef exerce, fait face à un afflux nouveau de touristes étrangers. Pour y répondre, la toque française forme gratuitement de jeunes chefs et serveurs birmans et les initie aux saveurs et goûts internationaux. Seule contrainte : les jeunes élèves – issus de milieux défavorisés – s'engagent à rester en Birmanie une fois leur formation de neuf mois achevée.

Produits frais et cadre bucolique

 

A Rangoun, les apprentis ont la chance de cuisiner des produits ultra frais dans un cadre bucolique. "Si vous allez au marché le matin très tôt à 6 heures, vous avez les poissons encore vivants, s'enthousiasme le chef Stoupan. Le temps est magnifique ici, y a de beaux arbres, de jolies places pour mettre de beaux restaurants."
Au restaurant "Shwe Sa Bwe", le menu du jour se compose d'un gazpacho à l'ananas et carotte, d'un pavé de poisson avec sa polenta d'olive et sauce vin blanc et aumônière aux fruits et crème pâtissière, le tout pour 8€. Les occidentaux apprécient le rapport qualité/prix. "Indépendamment du développement durable que ça peut procurer au pays, la cuisine est excellente, souligne un homme d'affaires installé dans la capitale birmane. On est vraiment très content d'avoir ça en tant qu'expatriés. " Le rêve des apprentis de François Stoupan ? Tenir un jour leur propre restaurant, ouvert sur leur monde, tout comme ils le souhaitent pour leur pays.

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De jeunes apprentis birmans issus de quartiers défavorisés sont formés gratuitement. © AFP