Du bon vin pour mon bovin

Trois bovins de la région Languedoc ont consommé quotidiennement deux litres de vin pendant quatre mois. Cette méthode rendrait la viande plus goûteuse. Le chef étoilé Laurent Pourcel l'a d'ores et déjà adoptée.

Du bon vin pour mon bovin
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Après le veau de lait, le bœuf de Kobé nourri à la bière, voici le bovin français élevé au vin. L'idée peut paraître saugrenue, elle n'est pourtant pas sortie de la tête d'un hurluberlu. Cette méthode d'alimentation répond à des règles strictes édictées notamment pas le syndicat agricole FDSEA, qui désire créer la marque "Vinbovin".

L'avenir est dans le marc
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La viande de bovin élevée au vin coûterait jusqu'à 100€ le kilo. © AFP

L'expérience déjà menée il y a quelques années en Espagne et au Canada a donné des résultats concluants sur la qualité de la viande issus des bêtes élevées au vin rouge. Si bien qu'un éleveur languedocien a tenté l'expérience fin 2011 sur trois bovins issus d'une manade de taureaux destinés aux abattoirs. Les bêtes ont d'abord reçu du marc de raisin mélangé à de l'orge, avant passer à une ration de deux litres de vin quotidienne. Pas question pour autant de rendre les bovins alcooliques. La dose journalière de vin est calquée sur celle recommandée pour l'homme : un ou deux verres de vin par jour pour l'être humain, soit un litre à un litre et demi pour un boeuf de taille moyenne.

Viande étoilée

Le chef étoilé Laurent Pourcel, après avoir cuisiné cette viande, relève une  "texture très spéciale, belle, persillée, fondante, qui caramélise à la cuisson". Seul bémol, le prix du "vinbovin". Pour rentabiliser son élevage, le producteur doit vendre sa viande aux alentours de 100€ pour les parties les plus nobles. Car à moins de ne transformer l'eau en vin, la ration quotidienne donnée aux bêtes revient chère à l'éleveur.  Après le vin rouge, un deuxième test pourrait être mené à la rentrée avec du Muscat, pour obtenir une viande plus... musquée ?