Beaujolais cherche jeunes viticulteurs

La réputation "bas de gamme" du Beaujolais nouveau n'incite pas les jeunes viticulteurs à reprendre les exploitations de leurs aînés. Une mort programmée pour ce vin mondialement connu ?

Beaujolais cherche jeunes viticulteurs
© AFP

"Le Beaujolais nouveau est arrivé "... pour combien de temps encore ? La mauvaise réputation de ce vin dans le milieu de l'œnologie n'incite pas les jeunes viticulteurs à reprendre les exploitations qui lui sont dédiées. Conséquence : la moyenne d'âge des vignerons du Beaujolais dépasse les 50 ans dans la région. Parmi les "anciens", Daniel Bulliar, vice-président de l'organisme de défense sur Beaujolais, espère un renouveau des professionnels du secteur : "Le Beaujolais va plutôt bien dans sa tête, il est en phase montante. La problématique de la relève, c'est qu'elle viendra uniquement lorsqu'elle elle sentira qu'une dynamique s'installer "

Halte aux idées reçues

Paul-Henri Thillardon, 26 ans et ancien étudiant en commerce, s'est installé dans le Beaujolais il y a cinq ans. Son objectif : redorer le blason de ses vignes, boudées par la jeune génération. "Le Beaujolais est connu dans le monde entier, souligne-t-il. C'est une région à taille humaine qui permet vraiment de faire de très bons vins, fruités et gastronomiques, contrairement aux idées reçues. "

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Paul-Henri Thillardon est l'un des rares jeunes viticulteurs à s'être installé dans le Beaujolais. © AFP

Paul-Henri fait figure d'exception dans le vignoble beaujolais qui subit aujourd'hui neuf départs à la retraite pour une seule installation. Pour s'en sortir, les jeunes vignerons devront prendre le risque de diversifier leur production en commercialisant des vins effervescents, rosé ou blanc et en misant sur l'oenotourisme.