Kévin D’Andrea : « Top Chef m’a donné de l’assurance et de la confiance en moi »

A quelques jours de la grande finale de Top Chef qui aura lieu lundi 13 avril, Kévin D’Andrea s’est confié à nous. Sa vision de la cuisine, son état d’esprit, son expérience Top Chef… Kévin nous dit tout ! Rencontre avec un passionné de cuisine qui croque la vie à pleines dents.

© Pierre Olivier / M6

Tu es en finale. Alors, heureux ?

Je suis plus qu’heureux et j’en profite à fond. C’est un rêve qui se réalise puisqu’en intégrant Top Chef, mon but, c’était d’aller en finale donc oui, je suis heureux !

Est-ce que tu t’y attendais ?

Je ne m’y attendais pas mais je le désirais vraiment parce que dans une compétition, le but c’est d’aller le plus loin possible.

Si tu n’avais pas été qualifié, qui aurais-tu aimé voir en finale ?

Comme dans tous les concours, je pense que tous les candidats avaient leur chance. Ce n’est pas mon rôle de dire qu’untel méritait plus sa place qu’un autre car même si j’ai eu plus d’affinités avec certains candidats comme Adel, Julien ou Martin, je n’ai jamais goûté de plat. Le jury était assez qualifié, impartial et correct dans ses remarques et ses choix.

On t’a présenté comme un chef proposant une cuisine féminine. Qu’est-ce qu’une cuisine féminine ?

J’ai été élevé avec ma sœur et ma maman, mon père n’était pas à la maison. Le fait de n’avoir grandi qu’avec des femmes se ressent dans la finition de mes dressages, mon élégance, ma finesse… Je parle bien évidemment de ma cuisine, hein ! C’était tellement fin, détaillé et travaillé qu’on m’a souvent dit que mes assiettes semblaient avoir été préparées par des femmes. Quand j’ai débuté en cuisine, j’ai cru que cette sensibilité serait un défaut mais j’ai vite compris que je pouvais en tirer avantage.

On t’a aussi présenté comme le candidat au look de rockeur. A la rédaction, on trouve que tu ressembles plus à M. Pokora. Alors dans la vie de tous les jours, tu es plutôt rockeur ou plutôt M. Pokora ?

Je pense être ni l’un ni l’autre (rires). J’ai mon propre style et je ne me sens pas un rockeur dans l’âme. C’est mon père qui doit être fier qu’on dise que j’ai un look de rockeur, lui qui est fan d’Elvis Presley, d’Eddy Mitchell et de Johnny Hallyday. J’ai 24 ans et comme tous les jeunes de mon âge, je vais en boîte et j’écoute de l’électro. Je suis Kevin, j’ai ma propre personnalité un peu atypique certes, mais je ne cherche à ressembler à personne.

Qu’est-ce que tu fais pour évacuer la pression ?

Je fais énormément de sport pour évacuer la pression et m’entretenir. En tant que cuisinier, je n’ai pas de temps pour des sports pro ou collectifs, donc je vais souvent à la salle faire de la musculation, du cardio. Je cours aussi beaucoup dans les parcs parisiens. C’est essentiel pour se vider l’esprit.

Cuisiner en bottes, c’est agréable ?

C’était très agréable de cuisiner en bottes ! (rires) Je pense que même tout nu, cette épreuve aurait été un plaisir.

Quelle est la dernière fois qu’un plat t’a procuré de l’émotion ?

C’était au restaurant Antoine de Thibault Sombardier. Il avait préparé une Saint-Jacques poêlée, émulsion vin jaune, crème et copeaux de navet. C’était fabuleux, simple, avec un assaisonnement et une cuisson parfaits. En plus, je rentrais de deux semaines à l’étranger où j’avais mal mangé donc c’était un pur bonheur de manger ce plat !

Quel plat doit-on cuisiner pour te séduire ?

Je suis très viandard mais aussi quelqu’un d’assez simple donc même si tu me prépares des pâtes à la bolo, je peux tomber amoureux de toi. Tu peux me cuisiner n’importe quoi, je trouverai ça génial car tu auras pris du temps pour le faire et le fait de cuisiner pour un cuisinier, c’est très beau. Puis après, un petit café et on passe directement au dessert (rires) !

Peux-tu décrire ta cuisine en 3 mots ?

Elégante, féminine et subtile.

Les deux finalistes de Top Chef 2015, Xavier Koening et Kévin D'Andrea © Pierre Olivier / M6

Selon toi, quel plat ne vaut pas un radis ?

Les fast food américains de grande chaîne parce qu’ils sont blindés de produits qui ne devraient pas être ingérés par notre corps.

Un de tes plats qui a fait chou blanc ?

Il y en a eu plus d’un ! En m’entraînant avant d’intégrer Top Chef, j’avais préparé un bar à la framboise… Je n’ai pas vraiment réussi à trouver l’accord (rires).

Dans un dessert, quelle est la cerise sur le gâteau ?

Avoir toutes les textures : du croquant, du fondant, du moelleux… Et surtout, un dessert qui ne soit pas trop sucré pour finir un repas en légèreté.

Est-ce que tu as pris le melon depuis ta participation à Top Chef ?

Je n’ai pas de raison de le prendre, je ne sauve pas de vies, je ne suis qu’un simple cuisinier qui a participé à une émission de télévision. En revanche, j’ai pris de l’assurance ce qui est différent. Avant l’émission, j’étais quelqu’un qui avait peu d’assurance et très peu d’estime et de confiance en soi. Top Chef m’a appris ça. Il y a une grande différence entre prendre le melon et s’assumer un peu plus dans sa vie d’homme.

Est-ce qu’il t’arrive de raconter des salades ?

Comme tout le monde, bien sûr. Je ne suis pas un gros menteur mais certains petits mensonges peuvent être utiles. En revanche, si on a fait une trop grosse bêtise, c’est essentiel d’en parler !

Le gratin, ça t’inspire quoi ?

Du fromage (rires).

Pour toi, c'est quoi le piment de la vie ?

C’est être heureux, avoir la banane, le sourire, trouver sa voie. Je pense l’avoir trouvée aujourd’hui : je suis bien en cuisine et dans ma vie. Il faut trouver son équilibre.

Qu’est-ce qui te donne la pêche ?

D’arriver au boulot et voir mon équipe heureuse, se retrouver entre amis le soir devant la télé avec une petite bière... Je n’ai pas besoin d’aller faire du shopping pour être heureux. Avoir mes amis et ma famille autour de moi, une petite bière et rigoler, c’est essentiel. Oui, c’est ça : rire et être heureux, c’est le plus important.

Haut comme trois pommes, est-ce que tu voulais déjà te lancer en cuisine ?

A l’origine, je voulais devenir boulanger car à chaque fois que je rentrais dans une boulangerie, l’odeur me mettait l’eau à la bouche. On sentait la levure, le pain, le croustillant... Tous les sens sont en éveil dans une boulangerie. Et quand j’étais tout petit, dès que je prenais un produit, je le portais au nez pour le sentir. Ma maman me disait que je touchais à tout, que je sentais tout. Elle pensait même que je deviendrais nez. En fait, je me suis dirigé vers la cuisine.

Où est-ce que tu te vois lorsque tu seras fripé comme une pomme reinette ?

Je serai dans ma cuisine avec mes petits-enfants à faire des tartes aux pommes et plein de bons petits plats. Transmettre son savoir c’est la base d’une vie, et pour moi, le plaisir partagé autour d’un bon plat ou d’un bon dessert en famille, c’est le plus important.

Qu'est-ce qui ne te met pas dans ton assiette ?

La méchanceté gratuite. L’humain peut être extrêmement bon comme extrêmement mauvais.

Une recette qui n'est pas du gâteau ?

La pâtisserie en général. Je ne suis pas du tout pâtissier alors que pendant l’émission, j’ai dû faire presque tous les desserts de la saison. J’ai l’impression d’avoir fait Le Meilleur Pâtissier ET Top Chef (rires) !

Est-ce que tu te sens mûr comme un coing pour ouvrir un établissement ?

On verra…

Kévin D'Andrea © Pierre Olivier / M6