A la rencontre d'un producteur de melons

Impossible de passer à côté de l’événement... Non pas le foot, mais le grand retour du melon sur nos étals ! Pour mieux comprendre cet incontournable de nos tables estivales, je vous emmène à la rencontre de Jean-Pierre, producteur de melons dans le sud de la France.

Une melonnière familiale dans l'Hérault
Comme chaque année entre juin et septembre, le melon va tenir le haut du panier. La consommation moyenne de melons au niveau national est de 4 kg par personne... Pour ma part je dois en manger au moins le double.

En tant que consommatrice j'aime bien comprendre les produits, savoir d'où ils viennent, etc... Et si j'avais en tête que le melon pousse à ras du sol, ma connaissance de son histoire avant qu'il n'atterrisse dans mon assiette s'arrêtait à peu près là.

Je suis donc allée à la rencontre de Jean-Pierre qui est installé dans l'Hérault avec son épouse depuis plus de 30 ans. Ils exploitent, avec leurs deux fils, 200 hectares de terres, dont un quart est dédié à la production de melons.
Au total c'est 1500 tonnes de melons qui sortent de leurs champs chaque année. Il était donc bien placé pour m'expliquer comment ça pousse. 

Et autant vous dire que ça ne pousse pas par magie : il y a énormément de travail avant que nous, consommateurs, nous puissions nous régaler.

Les jeunes plants de melons
Comme toutes les plantes, le melon a besoin de chaleur et d'eau pour pousser, ni trop, ni trop peu. Le premier travail est donc de préparer le sol.

Jean-Pierre installe un système de goutte-à-goutte qui lui permettra d'arroser au plus juste, et dispose un film dont le rôle est de réchauffer le sol et d'éviter les mauvaises herbes. Il fait ensuite des trous pour y planter les minuscules plants de melon.

Comme les premières plantations ont lieu dès fin février / début mars, il faut protéger les jeunes plants du froid pour leur permettre de bien se développer. C'est le rôle des serres, Jean-Pierre m'explique qu'on parle de "tunnel" pour les grands abris fixes ou de "chenille" pour les petits abris bas, qui eux seront retirés quand il fera suffisamment chaud et que les plants seront suffisamment développés.

L'apparition des melons
Petit plant deviendra grand, fera des fleurs qui donneront de beaux et ronds melons... Bref, comme moi vous connaissez plus ou moins l'histoire... Sauf que l'élément indispensable de ce beau conte de fées ce sont les abeilles !
Ce sont elles qui assurent la pollinisation des fleurs qui pourront alors donner des fruits. Pour mettre toutes les chances de son côté, Jean-Pierre appelle des apiculteurs qui installent leurs ruches directement dans ses champs. En plus, il parait que les abeilles adorent les fleurs de melon. 
Il va ensuite falloir compter un gros mois pour que les melons passent de la taille d'un oeuf à maturité.

La récolte à la main
Quand les premiers melons arrivent à maturité, on entre pour Jean-Pierre et sa famille (et les saisonniers qui viennent à la rescousse) dans la période la plus harassante de l'année : la récolte.
Tous les deux jours (mais entre le 15 juin et le 15 juillet c'est souvent tous les jours !), ils vont passer dans les rangées de melons pour récolter à la main les spécimens qui sont à maturité.
De très tôt le matin jusqu'à tard le soir, munis d'un sécateur, ils détachent les melons et remplissent des seaux qu'ils vident ensuite dans de grandes caisses en plastique.

Le trajet du melon jusqu'à notre assiette
Après la récolte, vient le temps du calibrage. Le jour-même ou le lendemain, les melons sont triés en fonction de leurs poids.
Je demande à Jean-Pierre si les milliers de melons sont triés à la main, mais ouf, il m'explique qu'il existe une machine cette fois-ci.
Les petits melons d'un côté, les moyens, les gros, chacun sont mis en palettes, qui sont soigneusement étiquetées pour assurer une parfaite traçabilité.
Les palettes de melons partent ensuite pour se retrouver sur nos étals après avoir été conditionnées par calibre.

Son conseil pour bien choisir un melon
Forcément, s'il y avait quelqu'un à qui poser la question du choix d'un bon melon, c'était bien à Jean-Pierre !
Ce que j'ai retenu, c'est qu'un bon melon est un melon qui est récolté au moment où il contient un maximum de sucre.  C'est donc tout le travail et l'expertise de nos producteurs qui nous garantissent de bons melons.

Bien sûr, ce n'est pas un produit industriel, donc vous ne serez pas à l'abri d'un melon un peu plus ou un peu moins sucré !

Mais le signe qui ne trompe pas c'est de regarder au niveau du "pécou" (le petit nom du pédoncule) qui doit commencer à se décoller : c'est l'indice le plus évident d'un melon parfaitement mûr et délicieux !

Cette chronique est rédigée dans le cadre d'une campagne financée avec le concours de l'Union européenne.

Crédits photo : ©Philippe DUFOUR/Interfel